Eurostile Next

Eurostile Next

Eurostile nous accompagne désormais depuis des décennies. Son origine est assez obscure. Née en Italie, Eurostile est la création de deux dessinateurs, publiée à deux dates différentes, bien que les puristes insistent qu’elle n’aurait en fait qu’un dessinateur et une date de parution. Sans aucun doute, le premier de ces deux noms – Microgramma™ – ne fait référence qu’à une partie du dessin final. Bien des années après, Linotype publie une révision et une mise à jour étendues, sous le nom d’Eurostile Next. Vous suivez toujours ?

Une fois posés certains repères de l’histoire d’Eurostile, les choses deviennent nettement plus claires. Cette fonte fut d’abord une fonte de majuscules uniquement, dessinée par Alessandro Butti, avec l’aide d’un jeune assistant appelé Aldo Novarese. Novarese allait devenir l’un des meilleurs dessinateurs italiens, mais en 1952, la publication de cette fonte toute en capitales de titre revint surtout à Butti et à la fonderie pour laquelle il travaillait, Nebiolo.

Le dessin en question, baptisé Microgramma, était strictement destiné à des compositions d’affichage : c’était un authentique « dessin de titrage ». La seule existence de cette classification à l’époque des caractères en métal est encore plus significative que sa composition exclusive de capitales ; dans un dessin de titrage, la hauteur des capitales doit s’élever jusqu’au bord supérieur du plomb. « des capitales de titrage de 72 points » étaient donc bien plus grosses que des capitales de 72 points d’une fonte ordinaire. Toute combinaison des lettres de Microgramma avec des minuscules d’une autre fonte aurait été très difficile.

Microgramme est restée très populaire pendant presque dix ans, jusqu’à ce qu’un Aldo Novarese plus expérimenté entreprenne de dessiner les minuscules correspondantes. L’aboutissement de ses efforts, publié en 1962, a été rebaptisé Eurostile.
Échantillon d’utilisation d’Eurostile Next
Malgré la publication d’Eurostile, Microgramma n’a pas été retiré du marché. Microgramma s’est finalement développée sous la forme d’une famille de cinq dessins : une fonte ordinaire, avec ses versions étroite et étendue, et une fonte grasse, avec sa version étendue. Lorsque Novarese développa Eurostile, il poursuivit en créant des versions minuscules pour les cinq mêmes variantes, ainsi qu’une nouvelle version grasse étroite et un dessin ultra-étroit appelé Eurostile Compact. L’original de l’Eurostile de Novarese se compose ainsi de sept versions.

Cela fait maintenant plusieurs dizaines d’années que Linotype a commencé à distribuer Eurostile et, au début des années 1980, Linotype travailla avec Adobe pour transposer les créations de Novarese dans l’ère numérique, sous la forme de fontes PostScript.

La qualité la plus évidente d’Eurostile, hormis son absence de serifs, est l’aspect carré de son dessin. La plupart des lettres semblent prendre vie et rappellent les cadres des anciens écrans de télévision. Leur dessin symétrique est d’une précision presque mathématique. Hermann Zapf les a ainsi décrites comme des « super-courbes », et les a travaillées lui-même dans sa fonte Melior®, une serif de journal. La qualité géométrique d’Eurostile la rapproche de fontes telles qu’Avenir®, Futura® et ITC Avant Garde Gothic®, bien qu’au premier coup d’œil, Eurostile apparaisse clairement différente.

Eurostile possède une hauteur d’x importante et se distingue sans pour autant tomber dans l’ostentation. En d’autres termes, cette fonte n’est pas une simple alternative à des fontes de texte sans serif telles qu’Univers® ou Franklin Gothic™. Toutefois, il est aisé d’utiliser Eurostile à bon escient, et sa qualité est de savoir se différencier, au sein d’une composition de plusieurs fontes sans serif.

Alors qu’Eurostile se distingue par de nombreuses lettres individuelles, certaines des lettres les plus intéressantes sont le K et le k, dont les diagonales ne touchent pas le trait vertical ; ou encore la minuscule t, dont la barre transversale s’allonge sur la droite, et dont la longue queue se recourbe jusqu’à la verticale. A, M, N, V et W ont toutes des sommets plats et le Q se distingue par sa queue plus longue à l’intérieur du caractère qu’à l’extérieur.

Échantillon d’utilisation d’Eurostile Next

La minuscule a d’Eurostile est à deux étages, comme dans les fontes grotesques du 19ème siècle et la plupart des fontes romanes. La barre transversale du f imite celle du t et le g est à un seul étage comme celui d’Helvetica ® ou de Futura.

Échantillon d’utilisation d’Eurostile Next

Il fut une époque où Eurostile était la fonte de prédilection des graphistes pour leurs gros titres et autres compositions similaires, mais désormais, Eurostile semble être tombée en désuétude. Univers, Helvetica e Avant Garde Gothic ont repris le flambeau à la suite d’Eurostile. Pourtant, au cours de la décennie écoulée, une partie du regain connu par ces fontes doivent beaucoup à leur révision par Linotype, Monotype et ITC. Dans la tradition de Linotype Univers, Helvetica World, ITC Avant Garde Gothic et même Palatino® Linotype et Palatino nova, Linotype a repris le dessin d’origine d’Eurostile et créé une version remarquablement rafraîchie et améliorée de cette famille de caractères.

Lorsqu’Akira Kobayashi, directeur de typographie chez Linotype, commença à étudier les fontes Eurostile, il découvrit plusieurs défauts de conceptions et incohérences, dus aux contraintes des caractères métalliques et transposés dans les versions ultérieures phototypiques et numériques du dessin. Qui plus est, lorsqu’Eurostile fut adaptée en fonte numérique pour la première fois, les techniciens responsables de la tâche adaptèrent de façon médiocre les formes originales de Novarese, telles que la super-courbe. Une comparaison élémentaire de la version numérique antérieure d’Eurostile et de la nouvelle Eurostile Next met en valeur l’interprétation, par Kobayashi, des courbes de Novarese. En outre, la différence d’épaisseur de traits entre les majuscules et les minuscules est moins marquée que dans les fontes Eurostile numériques antérieures, ce qui rend les lignes de texte plus harmonieuses.
Eurostile Bold Extended 2
Eurostile Bold Extended 2
Eurostile Next Bold Extended
Eurostile Next Bold Extended
Les dessins de Kobayashi sont bien plus fluides, et plus fidèles à l’esprit original des années 1960. Eurostile Next contient aussi une remise en forme des accents des fontes et des caractères spéciaux. Au cours des décennies précédentes, ces symboles n’étaient malheureusement pas considérés comme aussi importants qu’aujourd’hui, où les fontes sont commercialisées auprès d’une clientèle internationale, et non plus seulement auprès de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique du Nord.
Eurostile Bold Extended 2
Eurostile Bold Extended 2
Eurostile Next Bold Extended
Eurostile Next Bold Extended
Bien entendu, Eurostile Next est une famille OpenType complète. En tant que telle, elle comprend un jeu de caractères compatible avec toutes les langues d’Europe occidentale, centrale et orientale utilisant les scriptes latines – y compris les langues des Etats baltes et de Turquie. Pour la première fois, Eurostile Next propose une version Eurostile avec de véritables petites majuscules. Les autres fonctions OpenType comprennent les chiffres tabulaires et proportionnels, les chiffres inférieurs et les indices, les fractions diagonales et les ordinaux.

La famille Eurostile Next comprend cinq fontes – ultra légère, légère, ordinaire, semi-grasse, et grasse. Chaque graisse est disponible dans trois largeurs – étroite, ordinaire et étendue. Le résultat est une collection de quinze fontes. Eurostile Next ne comporte pas d’italiques, car celles-ci n’ont jamais été prévues pour Eurostile Novarese ou Nebiolo.
Échantillon d’utilisation d’Eurostile Next

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