Au début du seizième siècle, Claude Garamond (v. 1480-1561) créa des fontes pour Robert Estienne, imprimeur et érudit parisien, en basant ses fontes romaines sur les fontes créées en 1495 par Francesco Griffo pour l'imprimeur vénitien Alde Manuce. Garamond affina ses fontes romaines dans leurs versions ultérieures en ajoutant ses propres concepts à mesure qu'il développait ses compétences en tant que graveur de poinçons. Après sa mort en 1561, les poinçons de Garamond furent acquis par Christoph Plantin, qui les utilisa pendant des décennies dans son atelier d'impression à Anvers. Ils sont aujourd'hui exposés au musée Plantin-Moretus. D'autres poinçons de Garamond furent adoptés par la fonderie d'Egenolff-Berner à Francfort, qui imprima en 1592 un échantillon de fontes qui devint plus tard une source d'informations importante sur les fontes Garamond pour les spécialistes et les créateurs de fontes. En 1621, 60 ans après la mort de Garamond, l'imprimeur français Jean Jannon (1580-1635) imprima un échantillon de fontes dont les caractéristiques étaient similaires aux dessins de Garamond, à la différence que ses lettres possédaient des inclinaisons et des axes plus asymétriques et plus irréguliers. Les fontes de Jannon furent abandonnées pendant environ deux siècles, puis redécouvertes dans les ateliers de l'Imprimerie nationale française en 1825, où on les attribua à tort à Claude Garamond. Leur véritable origine ne sera révélée qu'en 1927, grâce aux recherches de Beatrice Warde. Au début du vingtième siècle, les fontes de Jannon furent utilisées pour imprimer un historique de l'imprimerie française, lequel permit d'attirer à nouveau l'attention sur la typographie française et les fontes Garamond. Ce fut le début de plusieurs résurgences, certaines basées sur les fontes de Jannon, d'autres sur les fontes Garamond d'origine. Les italiques des fontes Garamond ont parfois été basés sur ceux créés par Robert Granjon (1513-1589), qui travailla pour Plantin et dont les fontes
sont également présentes dans l'échantillon de la fonderie Egenolff-Berner. Linotype contient plusieurs versions des polices Garamond. Bien qu'elles possèdent des apparences et des modèles d'origine différents, elles sont toutes considérées comme des représentations distinctes du style Renaissance français. Leur élégance et leur lisibilité les rendent facilement identifiables.
Publiée pour la première fois par D. Stempel AG en 1925, Stempel Garamond™ est basée sur le modèle de Egenolff-Berner de 1592 et constitue donc une réinterprétation des véritables polices Garamond. Il s'agit de l'une des plus célèbres interprétations de Garamond, et, depuis son introduction en 1925, cette police est l'une des plus utilisées. Stempel Garamond possède un tempérament unique avec un rythme et un caractère tranchant qui la distinguent des autres polices Garamond. Stempel Garamond™ est disponible en plusieurs graisses avec des petites capitales, des chiffres elzéviriens et des caractères d'Europe centrale.